Accompagner les acteurs agricoles vers des filières favorables à la qualité de l’eau - territoire cherche agro-industrie

Eau 17 (ex-Syndicat des Eaux de Charente Maritime) a mené une concertation avec les acteurs du bassin versant de l’Arnoult pour l’élaboration de son deuxième programme de protection de la ressource en eau. L’agriculture du territoire est naturellement tournée vers les grandes cultures d’exportation, favorisées par la proximité du port industriel de La Palice et des structures de stockage qui y sont liées. La prédominance de rotations courtes (maïs, céréales à paille, colza ou tournesol) n’est pas pour autant une fatalité et, à l’issue de la concertation, les agriculteurs se disent prêts à diversifier leurs cultures s’ils peuvent s’y retrouver économiquement : « dites-nous ce que nous devons produire pour protéger l’eau, s’il y a un marché nous le ferons ! ». C’est donc la question de l’existence d’une filière agricole valide qui conditionne l’évolution de l’occupation agricole du territoire vers une diversification qui lui serait favorable.

Le syndicat les prend au mot et, après l’accompagnement de cette première concertation, il demande à l’Ifrée de l’accompagner pour la mise en place de groupes de réflexion entre acteurs du territoire concernés par la question des filières.

Un forum est organisé en fin d’année 2018 pour alimenter en témoignages les groupes de travail : https://www.ifree.asso.fr/actualites/382-forum-des-filieres-agricoles-favorables-a-la-qualite-de-l-eau

En 2019, l’exploration des possibilités de mise en place de filières favorables à la ressource en eau se poursuit en deux temps.

Un premier temps permet de balayer les cultures ayant un bon potentiel sur le bassin versant de l’Arnoult. Le groupe s’appuie sur un diagnostic pédo-climatique du territoire pour prendre en compte les possibilités agronomiques d’accueil de cultures nouvelles et sur des interventions sur l’évolution des marchés et de la demande en produits bruts agricoles. Pour ce territoire qui ne compte pas moins de 400 exploitations agricoles, il s’agit de trouver des débouchés qui tiennent la route d’un point de vue économique et soient dimensionnés en conséquence. Plusieurs pistes sont explorées : blé sous cahier des charges, luzerne, orge brassicole, pois de printemps, pois chiche, chanvre, cultures à vocation énergétique… Plusieurs angles de valorisation sont questionnés : cahier des charges, circuit court, identité locale, cultures sous contrat… Des premières pistes qui semblaient prometteuses apparaissent vite comme restreintes en termes de débouchés car les besoins ne correspondraient qu’à la production de 2 ou 3 exploitations sur les 400, d’autres sont très émergeantes, certaines sont à explorer, d’autres à monter…

Le groupe devra ainsi parvenir à identifier plusieurs types de cultures – soit nouvelles pour le territoire, soit des cultures déjà pratiquées mais avec un cahier des charges plus exigeant en termes de qualité du produit et de qualité environnementale – au comité technique du programme Re-Sources.

Une démarche complémentaire originale est mise en place pour partir des « clients potentiels ». Il s’agit de faire connaitre aux acteurs de l’agro-industrie la volonté du territoire de diversifier ses rotations pour réorienter sa production vers des cultures favorables à la préservation de la ressource en eau. Cette démarche, intitulée « Territoire cherche agro-industrie », propose aux industries agro-alimentaires régionales de saisir cette opportunité pour relocaliser une partie de leur approvisionnement. Elle s’appuie sur une campagne de communication (cf. lettre d’info) et un relais par les associations d’agro-industries de la région (ARIA et CRITTIA).

Le deuxième temps, une fois les filières identifiées et choisies, verra la constitution de groupes de travail opérationnels sur chaque filière. Chaque groupe déterminera les tests techniques à réaliser pour consolider cette opportunité et l’identification des étapes de sa mise en œuvre, avant un lancement en 2020.

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